En cadeau : tableur excel de gestion du risque de vos positions.

Mon plan de trading impose de ne jamais risquer plus de 2 % par opération.

stock-photo-45456010-thinking-about-problemMais comment savoir quelle taille de position correspond à 2 % ? Mon compte  est exprimé en dollars, et si je repère par exemple un signal sur EURAUD, et que le stop loss doit être de 75 pips, quel est la taille de la position qui correspond à un risque de 2 % ?

Pour être sûr de toujours respecter cette limite, j’ai mis au point ce petit tableur excel, et je vous en fais cadeau dans cet article.

En fonction de votre capital (EUR ou USD), du pourcentage de risque que vous souhaitez assignez à vos trades, et de la distance de votre stop, il vous calcule automatiquement le nombre de lots avec lequel vous devez entrer, quelque soit la paire en question.

Maintenant, vous pourrez calculer la taille de vos positiosn d’un simple coup d’oeil.




Comment trader quand le marché s’arrête ?

L’été, et plus particulièrement dans la deuxième quinzaine d’aout, le marché va fréquemment se figer : il n’y a plus de tendances, et les cours des devises peuvent se mettre à osciller entre deux valeurs très proches pendant plusieurs jours, voire même deux ou trois semaines. Il faut s’y faire, la très grande majorité des traders, et en tout cas la majorité des traders institutionnels ne sont pas devant leur ordinateur, et le comportement des devises s’en ressent.

UJ3UJ jour ne bouge plus depuis quatre semaines. Plus aucune volatilité.

Un marché qui se fige est un des environnements les plus difficiles qui soient, car sans mouvements, il n’y a pas de profits possibles, surtout pour les traders qui opèrent sur des chartes journalières, hebdomadaires ou mensuelles, ceux que l’on appelle les « swing traders ».

Nous avons tous un jour ou l’autre été confrontés à ce genre de marché, ou rien ne semble se passer, et où nous ne trouvons aucun signal de qualité pendant des jours voir des semaines. L’absence de beaux signaux, et donc le nombre élevé de fausses pistes, vont mettre nos nerfs à rude épreuve, et la maîtrise de nos émotions sera le point le plus important qui nous permettra ou pas d’éviter une catastrophe sur ce marché.

Il y a quelques techniques simples à adopter pour survivre dans ce type de situations.

1-Arrêtez de trader et allez faire autre chose.

6855375-miraculous-recovery-from-illnessVous ne pouvez pas contrôler le marché. Quand les signaux ne sont pas là, ils ne sont pas là et rien ne sert de rester devant les chartes pendant des heures ; le risque est de finir par prendre une position pour tromper l’ennui, -je vous rassure, on l’a tous fait un jour ou un autre- et c’est une très mauvaise chose.

Si vous avez autre chose à faire, une passion à assouvir, c’est le bon moment. Éteignez votre ordinateur et allez faire autre chose. Vous pouvez par exemple comme votre serviteur avoir des articles à mettre sur un blog ; c’est le moment rêvé. Vous pouvez aussi avoir envie de faire du sport, d’allez-vous promener, de rencontrer des amis, enfin bref de faire tout ce que vous aimez mais devez remettre à plus tard, bloqué devant votre écran que vous êtes.

Le marché sera encore là en septembre, vous pourrez y revenir dans des conditions plus avantageuses et plus faciles.

2-Travailllez la gestion de vos positions pour l’adapter aux nouvelles conditions.

stock-photo-9615573-stock-marketJe vous conseille fortement de passer par un compte démo si vous décidez de modifier votre manière de trader.
Dans un marché qui bouge peu, vous pouvez essayer de prendre des signaux sur des unités de temps plus courtes, ou tester une autre méthode de trading qui serait plus performante dans ce genre d’environnement. Si c’est le cas, ne le faites surtout pas sur votre compte réel, mais ouvrez un compte de démonstration ; en réel, la meilleure méthode est de ne pas trader.

Mais si vous avez toujours voulu essayer le scalping, c’est peut-être le moment de vous y mettre en demo.

3-Soyez impitoyable sur la qualité des signaux !

failure-1078182-mParce que le marché est difficile, vous devez être encore plus exigeant sur la qualité des signaux que vous prenez. Attention, cette attitude requiert des nerfs d’acier, car comme nous l’avons vu la tendance naturelle dans un marché de ce type est de prendre des signaux de moins bonne qualité pour tromper votre ennui devant ces chartes qui ne bougent pas.

Mais vous pouvez en faire un avantage en vous fixant un but, ou en développant une méthode plus rigoureuse de sélection de signaux. Vous aurez énormément d’occasions de mettre ces bonnes résolutions en pratique !
Cette approche peut signifier néanmoins que vous allez rester plus d’une semaine devant les chartes sans prendre de position. En êtes-vous capable ? C’est le moment de le découvrir !

4-Ne croyez jamais un indicateur dans ce genre de marché.

fearVous savez que je ne suis pas un grand fan des indicateurs, et que je pense qu’ils ne remplaceront jamais une bonne analyse d’un graphe fait «à la main ». Et bien c’est encore plus vrai quand le marché passe en mode immobile. Dans ce genre de situation, vos indicateurs vont vous donner des tonnes de mauvais signaux, en vous recommandant d’acheter ou de vendre des configurations qui ont très peu de chances de se concrétiser. Vous pouvez par contre utiliser certains indicateurs pour savoir quand il ne faut pas trader, voir ci-dessous.

5-Le marché peut s’arrêter n’importe quand.

phphkUoOEIl n’y a pas qu’en aout ou en décembre que le marché se fige. Cela peut arriver n’importe quand. Souvent cela sera parce que les opérateurs sont dans l’attente d’une décision, ou du dénouement d’une crise ; le récent comportement de l’euro pendant la négociation du troisième plan d’aide à la Grèce en est un bon exemple. Dans ces moments-là, il vaut mieux se tenir avec les autres à l’écart du marché jusqu’à ce que des conditions normales de trading réapparaissent.

Comment savoir si le marché est en train de s’arrêter ? Il n’y a malheureusement pas d’indicateurs ni de signes qui peuvent vous indiquer avec certitude que cela arrive. Mais le comportement de certains indicateurs, par exemple des moyennes mobiles qui deviennent plates et qui s’entrecroisent sont autant de signes qui doivent vous alerter.

Conclusion

Il arrive parfois que les marchés s’arrêtent et que la volatilité diminue fortement pendant quelques jours ou quelques semaines. Il est préférable pendant ces moments d’alléger ses prises de positions, voire de ne pas en ouvrir, en attendant le retour de conditions plus favorables.

Beaucoup de traders vont perdre leurs nerfs durant de telles périodes, et prendre des positions de manière inconsidérée, voir vont adapter leur méthode pour « la faire coller aux réalités du marché ». C’est un comportement qu’il faut absolument éviter, sauf en démo, car ce n’est pas le système qui est en cause : il ne peut prendre que ce que le marché est prêt à donner. Et parfois ce dernier n’est tout simplement pas prêt.

J’espère vous avoir convaincu que la patience est la meilleure arme du trader. C’est encore plus vrai quand les marchés nous sont défavorables.

Stephane Lesieur




Je gagne plus depuis que je gagne moins !

stock-photo-8809844-enigmaEn réalisant une vidéo sur les statistiques de trading que l’on peut extraire d’un logiciel MT4 (disponible ici sur youtube ou dailymotion), je me suis aperçu que les statistiques de mon compte -de démonstration- montraient quelque chose  de bizarre.

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Cet extrait laisse en effet apparaitre qu’en mai 2015, j’ai perdu en moyenne 2 trades sur trois, mais qu’a la fin du mois, j’ai quand meme augmenté mon capital de 5 %.

Pourtant quand j’avais débuté le forex je me souviens que la situation était exactement l’inverse : je gagnais beaucoup plus souvent, à peu près 7 fois sur 10. Par contre, je finissais toujours par perdre de l’argent, mois après mois.

puzzle-pieces-460060-mComment expliquer ce paradoxe, qui veut que perdre plus souvent me permette d’améliorer mon résultat final ?

C’est en regardant le gain moyen que j’ai fini par comprendre: en effet et pour le mois de mai, les statistiques me montrent que chaque opération gagnée m’a en moyenne rapporté 893 USD, alors qu’un trade perdu me coute- en moyenne aussi- 395 USD, soit  deux fois moins.

Alors qu’au début, c’était l’inverse ; je gagnais plus souvent, mais mon gain moyen était inférieur à ma perte moyenne.

puzzle-pieces-2-940459-sComment avais-je réussi à inverser cette statistique ?

En modifiant ma gestion des stops. Et par une meilleure maîtrise de mes émotions.

Quand j’ai démarré le forex, j’avais très peur de perdre un trade ; j’essayais donc de minimiser mes risques, et pour limiter le nombre de mes opérations perdantes je passais mes ordres stop à zéro très vite, dès que j’étais à +10 ou +15 pips.
Le lecteur aura deviné la suite : très –trop- souvent, le trade revenait taper mon stop et était fermé, sans pertes, mais sans bénéfice non plus.

stock-photo-35438354-find-answersPuis un jour j’ai compris quelque chose : le rôle d’un trader n’est pas de minimiser ses risques, mais de les gérer. Sans risques, pas de pertes, mais pas de profits non plus.

 

Alors j’ai accepté de prendre un peu plus de risques et de laisser les trades avancer plus avant de passer mes stops à zéro. J’attends maintenant d’être entre +30 et +50 pips (je trade sur H4).

stock-photo-44633990-road-to-successRésultat je perds plus souvent, car certains trades se retournent contre moi alors qu’ils auraient été fermés à zéro si j’avais bougé mon stop plus tôt. Mais d’autres, qui auraient été stoppés, repartent dans la bonne direction et je passe donc plus souvent des trades de plusieurs centaines de pips. Et ce sont ces trades qui me permettent d’être dans le vert à la fin du mois.

Tout cela simplement parce que j’avais commencé à gérer les risques au lieu de les minimiser. Bien sûr, je suis toujours très rigoureux sur ma gestion de stop ; je les fais évoluer avec mon trade, en fonction du franchissement –ou non- des résistances ou des supports successifs. Mais aujourd’hui je donne beaucoup plus d’espace aux trades pour respirer, et c’est ce qui leur permet d’exprimer tout leur potentiel.

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Et vous, quel genre de trader êtes-vous ? Du genre à limiter les risques, ou du genre à les gérer ?




Le trader, ce surhomme qui n’a peur de rien !

Un bon trader doit avoir une relation au risque différente de celle des autres personnes.

En tant qu’êtres humains, nous avons une aversion naturelle au risque : sous l’emprise de la peur, nous avons tendance à éviter les situations qui nous mettent en danger.

nile-crocodile-1-1400992-sIl s’agit d’un très vieil instinct, qui remonte à l’âge des cavernes. À cette époque, nous étions encore des proies potentielles pour un grand nombre de carnivores, et seule la vitesse avec laquelle nous nous mettions à l’abri nous permettait de survivre. Si vous êtes aujourd’hui là pour lire ces lignes, cela veut sans doute dire que vos ancêtres possédaient cette aversion au risque, et qu’ils ont su se mettre à l’abri au bon moment.

Cette propension à fuir le risque est un instinct, c’est-à-dire qu’elle fait appel aux émotions et pas à l’intellect : quelque chose nous fait peur, notre instinct nous dit de partir en courant ou à tout le moins d’agir pour supprimer ce qui nous fait peur.

Aujourd’hui encore, nous avons conservé cet instinct qui nous pousse à éviter les situations risquées ou à les faire cesser quand nous le pouvons.

fearC’est donc aussi lui qui cherche à prendre les commandes quand nous ouvrons une position sur le marché du forex, car nous nous mettons en danger de perdre de l’argent : c’est un risque. Notre instinct va nous faire ressentir une désagréable sensation de peur, et plus cette sensation sera forte, plus nous aurons envie de la faire cesser. Cela peut se traduire dans le meilleur des cas par sortir trop tôt d’une position, dans le pire par remonter notre stop pour qu’il ne soit pas atteint.

La perception du risque varie selon la personnalité et le vécu de chacun –en croisant un molosse, une personne qui a déjà été mordue par un autre chien n’aura pas la même sensation de danger qu’un quidam qui jouait avec le fidèle compagnon à quatre pattes de la famille quand il était enfant-, mais dans le cadre de notre trading nous devons absolument modifier notre perception des risques qui y sont liés.

La raison en est simple : nous devons toujours contrôler notre risque, mais nous ne pourrons pas gagner de l’argent sans en prendre, c’est-à-dire sans ouvrir une position.

tool-box-830330-sLe bon trader va cesser de percevoir le risque comme une menace, et plutôt le considérer comme un des outils à sa disposition. On peut avec un marteau se taper sur les doigts et se faire très mal, ou bien construire de beaux objets. Cela dépend de notre habileté à nous en servir.

 

Nous devons donc, et c’est une des clés du succès, arriver à faire taire nos instincts pour pouvoir travailler avec le risque. Je vous renvoie pour cela à l’excellent livre de Mark Douglas « Trader : entrez dans la zone ».




Ma technique pour suivre plus de 20 paires en même temps.

Aujourd’hui je vous explique dans cette vidéo quelle est ma technique pour suivre plus de 20 paires en même temps sans me perdre.

D’autres méthodes existent, mais celle-là offre pour moi l’avantage de ne pas y passer la journée. C’est juste une question de methode.

L’idée est d’avoir deux types de chartes, un pour l’analyse, un pour le trading. Vous faites votre analyse le matin avant de trader, puis vous reportez le résultat directement sur la charte de trading.

Tout le système est expliqué dans la vidéo jointe (13 minutes).

N’hésitez pas à me faire part de vos commentaires.

 

Stephane.




Deux ennemis du chartiste : les spaghettis et les hérissons.

Un trader expérimenté m’expliqua un jour qu’il y a certaines chartes qu’il vaut mieux ne pas trader. Il me le résuma avec cette formule : « On ne trade pas dans les spaghettis, et on ne trade pas un hérisson. »

On ne trade pas dans les spaghettis.

Par spaghettis on entend un graphe où les SMA de différents niveaux sont toutes mélangées, un peu comme les pâtes en question dans une assiette. Cette configuration est le signe que la paire est en train d’évoluer sans tendance. Mieux vaut ne pas prendre de position, du moins sur cet horizon temporel (ici H1), tant qu’une tendance claire n’apparait pas.

AUDJPY GRAPHE 1HEURE

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On ne trade pas un hérisson.

Autre charte à éviter : le hérisson. Il ‘s’agit du cas où chaque chandelier s’orne d’une imposante mèche, parfois de deux,  faisant ressembler le graphique à une pelote d’aiguille. Même si un tel graphe peut révéler une tendance, comme ici AUDCAD H4 dont la SMA200 indique que globalement la tendance est baissière, la présence de mèches signale l’existence d’autant de consolidations haussières de court terme sur des horizons temporels inférieurs. Autant dire qu’un opérateur prenant une position ici aura toutes les chances  de voir son  stop loss être atteint avant que le trade ne soit passé en profit, sauf à prévoir un ordre stop très important, ce qui ne peut se faire qu’au détriment du rapport risque/profit.

AUDCAD CHARTE JOURNALIERE.

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Bien sur le fait qu’une charte présente des spaghettis ou des hérissons sur un horizon temporel donné ne veut pas dire qu’on ne peut s’y positionner sur un horizon temporel différent, mais cela dépendra de votre plan de trading.




Les sept péchés capitaux du trader.

90 % des traders qui se lancent sur le forex vont perdre tout leur argent. Voici par ordre d’importance les 7 pièges à éviter lorsqu’on débute sur ce marché.

1-Sous-estimer la difficulté.

La grande majorité des traders pensent qu’ils vont devenir riches facilement et vite. C’est une recette assurée vers la catastrophe. On peut gagner beaucoup d’argent au forex, mais cela suppose énormément de travail et de discipline. Cela sera long.

2-Vouloir gagner à tous les coups.

Beaucoup de traders ne le comprennent pas, mais il est normal d’avoir des pertes de temps en temps. Se remettre en question à chaque position perdante, et modifier son système pour faire en sorte de ne générer que des positions gagnantes est une démarche vouée à l’échec, car chaque système génère des pertes. L’important est de savoir les contrôler.

3-Ne pas faire de plan.

Les traders qui pensent pouvoir gagner de l’argent sans planifier leurs opérations se trompent. On ne peut pas réussir sur le forex sans un bon plan de trading. Celui-ci comprendra les règles de prise, de gestion, et de clôture des positions, ainsi que celles de gestion du risque financier (très important pour ne pas abuser de l’effet de levier).

4-Ne pas contrôler ses émotions.

Il s’agit d’une erreur récurrente, car investir sur les marchés financiers procure de fortes sensations. Pourtant il faudra apprendre à les reléguer au second plan, car la seule chance de succès est dans le suivi rigoureux et dépassionné du plan de trading. Il ne faut surtout pas s’impliquer émotionnellement dans le résultat d’une position, même si c’est difficile.

5-Mal gérer les risques.

Parce que beaucoup de traders veulent devenir riches rapidement, ils vont mal gérer leur risque et essayer de gagner beaucoup très vite en « faisant un coup ». En réalité investir sur un marché est comme un marathon : ce sont la régularité et l’endurance qui comptent. Vouloir réussir trop rapidement va amener à prendre des risques trop importants. Or comme il n’y a pas de systèmes infaillibles, un jour ou l’autre il y aura une perte trop importante. Et les émotions reprendront le dessus.

6-Suivre l’avis des autres.

Cela peut paraître paradoxal, mais puisque la majorité des traders se trompent, il est très dangereux de se laisser influencer par les avis des autres. Vous devrez donc le plus vite possible être capable de faire vos propres analyses et vous y fier. De plus, dépendre des analyses ou du système d’une autre personne ne fait pas de vous un trader indépendant. Le jour où cette personne vous fera défaut, vous serez incapable de vous débrouiller seul.

7-Ne pas se remettre en question.

Les choses changent vite sur les marchés, et une technique qui fonctionnait peut cesser de le faire ou être brusquement moins performante. Il est important d’arriver à analyser ces phénomènes et de savoir s’y adapter. Un trader doit toujours se remettre en question et savoir évoluer.

D’autres dangers vous guetteront sur le forex, mais ces sept écueils font partie de ceux qui ont ruiné un nombre incalculable de traders. Les éviter ne garantit pas le succès, mais donne de sérieuses chances de durer suffisamment longtemps pour avoir le temps de développer une stratégir gagnante sur ce marché.




L’auto réalisation sur les marchés financiers.

Il y a quelques jours sur le forum du site forex factory, je faisais remarquer au sujet d’EURUSD, alors en pleine débâcle, que le niveau 1,065 était un support mensuel en me basant sur le comportement de cette paire il y a 15 et 20 ans. L’un des intervenants me répondit qu’il ne fallait pas essayer d’imaginer des supports là où il n’y en avait pas.

J’ai donc décidé d’écrire cet article pour expliquer ce qu’est l’auto réalisation et pourquoi un support d’il y a 15 ou 20 ans peut encore jouer un rôle aujourd’hui.

Qu’est-ce que l’auto réalisation?

Prenons deux évènements qui n’ont rien à voir l’un avec l’autre, à savoir le cours de l’eurodollar et les résultats du club de foot de Salmantino (3e division du championnat d’Espagne). Supposons maintenant que j’affirme la chose suivante : les cours de l’eurodollar sont liés aux résultats de ce club. Quand le Salmantino gagne, l’eurodollar monte, mais si l’équipe perd, l’eurodollar  baisse.

Nous somme je l’espère, d’accord sur le fait que cette théorie ne repose sur rien. Il n’y a aucune raison pour que le cours de l’eurodollar dépende des résultats d’une équipe de la 3ème division du championnat espagnol de football.

Mais supposons maintenant que pour une raison ou une autre, j’arrive à convaincre l’ensemble des traders de la planète que cette théorie est exacte. Que va-t-il se passer ?

Le matin en arrivant au travail, les opérateurs de marché vont donc regarder les résultats du Salmantino. Dimanche dernier (15 mars 2015), celui-ci a perdu 1-3 contre Arandina.Comme Salamantino a perdu, ma théorie dit que l’eurodollar va baisser, et les opérateurs sont persuadés qu’elle est vraie. Ils vont donc vendre l’eurodollar, puisque celui-ci va baisser.Et comme ils vont le vendre, l’eurodollar va effectivement baisser, ce qui valide bien ma théorie : Salmantimo a perdu, et l’eurodollar a baissé.

C’est ce qu’on appelle de l’autoréalisation. Une hypothèse sans fondement objectif se révèle être vraie simplement parce que les gens y croient, et qu’en agissant en conséquence ils déclenchent sa réalisation.

L’auto réalisation appliquée à un marché financier.

Les marchés financiers sont les rois de l’auto réalisation. En particulier presque toute l’analyse technique est basée sur ce principe.

Imaginons qu’une paire soit dans une tendance haussière, mais se rapproche d’une résistance. Une telle résistance n’a pas en fait de valeur en soi ; elle ne va pas jeter un sort à la paire pour la forcer à effectuer un retournement de tendance pile à son niveau. Par contre, soyez assuré que si vous avez repéré cette résistance, d’autres traders l’ont vu également. Et ils vont adapter leur comportement par rapport à elle.

Les premiers seront probablement ceux qui ont acheté plus bas et sont dans le vert ; ils vont prendre une partie de leurs gains, et donc vendre cette paire pour clore leurs positions. Cela va la faire baisser un peu. Ensuite il y a tous ceux qui n’ont pas de position mais qui vont se positionner baissiers parce qu’ils voient la paire commencer à refluer à un niveau où ils ont reperé une résistance. Ils vont vendre et accentuer la pression baissière. La paire va donc encore accélérer  son mouvement. Si elle descend suffisamment,  elle va casser les stop loss des opérateurs qui sont encore positionnés vendeurs, ce qui va contribuer à la faire descendre de plus en plus vite.

Et le retournement s’est opéré. Mais tout a commencé par la clôture de positions acheteuses du fait même de l’existence de cette résistance. Nous sommes typiquement dans l’autoréalisation, et c’est un point qu’il faut bien garder à l’esprit : au forex les mouvements se déclenchent parce que les gens pensent qu’ils peuvent se déclencher, dans un phénomène autoréalisant sans cesse renouvelé.

Pour revenir à ma situation initiale, je me doute bien que personne ne va garder une position ouverte sur le forex pendant 20 ans. Mais je sais que si j’ai repéré ce niveau sur EURUSD d’autres l’ont vu aussi, et vont adapter leurs décisions de trading à sa supposée influence. Et c’est pour cela que même après 20 ans ce niveau peut rester pertinent.